Depuis quelques années, le principal concurrent commercial des Etats-Unis bat des records dans le déploiement des énergies renouvelables. Mais derrière cette vitrine verte, des résistances et des changements systémiques majeurs sont à l’œuvre.
Un boom solaire et éolien sans précédent
En 2024, PĂ©kin a atteint avec six ans d’avance son objectif de 1 200 GW de capacitĂ© renouvelable fixĂ© initialement pour 2030, grâce Ă un bon de la capacitĂ© solaire chinoise de 45 % et d’un progrès de 18% de l’Ă©olien. La mĂŞme annĂ©e, la croissance de la production propre a couvert 84 % de l’augmentation de la demande Ă©lectrique du pays.
L’ombre persistante du charbon
Dans, la Chine a lancĂ© en 2024 la construction de nouvelles centrales Ă charbon Ă son niveau le plus Ă©levĂ© depuis dix ans. Plus de 75 % de ces nouvelles capacitĂ©s Ă©taient portĂ©es par des compagnies minières. En 2025, les mises en chantier ont reculĂ© et les autorisations sont tombĂ©es Ă leur plus bas depuis quatre ans, signal encourageant mais qui contraste tout de mĂŞme avec l’image d’empire vert qu’essaye de se donner la Chine.
La transition verte comme arme industrielle
Au niveau international, la Chine exporte massivement ses technologies vertes, au point de provoquer des frictions commerciales. En octobre 2024, la Commission europĂ©enne a imposĂ© des droits compensateurs dĂ©finitifs sur les vĂ©hicules Ă©lectriques chinois pour cinq ans, allant de 17 % Ă 35 %. PĂ©kin conteste ces mesures devant l’OMC et pendant ce temps, les technologies chinoises bon marchĂ© ont permis Ă 25 % des marchĂ©s Ă©mergents de dĂ©passer les États-Unis en Ă©lectrification des usages.
Quand les arbres redistribuent l’eau
La transition environnementale chinoise dĂ©passe le seul aspect du climat : entre 1978 et 2023, le taux de couverture forestière dans les zones ciblĂ©es par le Grand Mur Vert est passĂ© de 5 % Ă près de 14 %. Mais une Ă©tude publiĂ©e dans Earth’s Future (2025) rĂ©vèle des effets inattendus : l’Ă©vapotranspiration a augmentĂ© plus vite que les prĂ©cipitations, rĂ©duisant la disponibilitĂ© en eau. Problème : le nord du pays ne dĂ©tient que 20 % des ressources en eau, pour 46 % de la population et 60 % des terres agricoles. Le reboisement de masse risque ainsi d’aggraver les tensions hydriques dĂ©jĂ critiques.