Le 17 janvier 2026, à Asuncion (Paraguay), le Traité UE Mercosur a été signé. Un moment historique, mais à quel prix pour le Brésil ? Économiquement, c’est un succès mais il présente des répercussions environnementales non négligeables.
Sources de la chronologie : Perspective Monde – Le Mercosur / Perspective monde – Situation critique en Amazonie : un bilan environnemental inquiétant / Mercosur.int – What is MERCOSUR?
Le Traité UE Mercosur est une victoire pour le Brésil qui voit son agro-industrie, pilier de son secteur économique, s’enrichir en vue d’échanges avec l’Union européenne. Mais quand est-il de la protection de l’environnement ?
700 000 hectares de forêts menacés en Amazonie
L’agro-industrie brésilienne est responsable de 97% de la déforestation dans le pays entre 2019 et 2024 selon le réseau Mapbiomas. L’accord, qui augmenterait les échanges avec l’UE, pourrait accroître les conséquences environnementales : la forêt amazonienne est en partie grignotée et remplacée par de l’élevage bovin. Un rapport de l’INRAE dénonce que cet accord risque d’engendrer une hausse de 5% de la déforestation. D’un autre côté, l’association de défense des forêts Canopée alerte sur la potentielle menace de 700 000 hectares dans la forêt amazonienne (Gran Chaco, Savane du Cerrado). Cette perte équivaut à l’émission de 471 millions de tonnes de CO2 en six ans. Mais les chiffres ne prenant pas en compte les surfaces nécessaires à l’alimentation de ces animaux, ni la hausse du transport international que l’accord induit, ce chiffre est donc minimisé. De même, les populations autochtones vivant dans les forêts, sont victimes d’expropriation et de violence.
Les conséquences de cette déforestation sur la biodiversité sont majeures, puisque l’Amazonie rassemble 40 000 espèces de plantes, 3 000 de poissons d’eau douce et plus de 370 de reptiles. Elle représente un puits de carbone majeur, capable de capter le CO2 dans l’atmosphère, pour lutter contre le changement climatique.
« La signature de cet accord provoque une demande en direction d’activités historiquement liées à la déforestation »
Priscilla Papagiannis
Premier consommateur mondial de pesticides
L’accord voit émerger un autre défi, les pesticides. Une utilisation accrue de substances due à une libéralisation du commerce mondial. Malgré l’interdiction sur son territoire, l’UE est le principal exportateur de pesticides dans les pays du Mercosur, relevant une ambivalence entre ambitions écologiques et économiques.
Premier consommateur mondial, le Brésil voit son système agricole submergé par l’utilisation de pesticides. En novembre 2025, le Brésil en autorise près de 330, utilisations qui n’étaient pas approuvées par l’UE, relate L’info durable. Le soja, le sucre et le maïs représentent plus de 80% de la consommation des pesticides au niveau national, rapporte Public Eye.
Une utilisation accrue de pesticides représente notamment un risque d’empoisonnement majeur, qui touche fortement les États brésiliens. Une inquiétude pour les populations européennes d’une arrivée prochaine de produits contaminés importés.
POIRIER Emma et BROCHOIRE Marion – M1 CPP

Bravo les filles, un travail de qualité !