Le viol et devoir conjugal

Le 23 janvier, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour avoir légitimé la notion de « devoir conjugal » par sa jurisprudence. Saisie par une femme de 69 ans, victime de violences conjugales, la Cour lui a donné raison en annulant ainsi sa condamnation prononcée en 2019 par la cour d’appel de Versailles qui lui avait imposé un divorce pour faute en raison de son refus de relations sexuelles.

Une « vision archaïque du mariage » toujours interprétée dans la loi

Les progrès sur la reconnaissance du viol conjugal sont palpables. Cependant, il semblerait que le devoir conjugal ait été oublié dans le dessous de la pile de lois à actualiser puisqu’elle a été instaurée en juin 1970.

Les étudiants français en opposition avec des notions dépassées

Une enquĂŞte menĂ©e auprès des Ă©tudiants de l’UniversitĂ© Catholique de l’Ouest Ă  Angers offre un aperçu de leur perception du consentement dans la dĂ©finition juridique du viol ainsi que du « devoir » de relations sexuelles au sein du couple et du mariage. Pour rappel, le consentement n’est pas mentionnĂ© ou dĂ©fini dans la dĂ©finition du viol. Une proposition de loi (n° 2170) a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e le mardi 13 fĂ©vrier 2024 pour rendre explicite la dĂ©finition du consentement. Cette proposition a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e car les dĂ©positaires estimaient que « la dĂ©finition actuelle du viol dans le code pĂ©nal est une prĂ©somption de consentement implicite ».

Le viol conjugal, une variable qui change selon les pays européens

Cette version française n’est que la partie visible de l’iceberg en ce qui concerne le droit à disposer de son corps. En effet, la définition du viol diffère selon les pays de l’Union européenne et surtout concernant le viol conjugal.

Le clivage de l’égalitĂ© dans les pays membres 

La libertĂ© sexuelle n’est pas le seul sujet qui sĂ©pare les Etats membres. Selon l’indice des inĂ©galitĂ©s de genre Ă©tabli par le Programme des Nations Unies pour le dĂ©veloppement, des disparitĂ©s marquĂ©es persistent entre hommes et femmes au sein des 27 pays de l’UE. L’indice a Ă©tĂ© calculĂ© par rapport Ă  3 dimensions dĂ©finies : la santĂ© reproductive, l’autonomie et le taux d’activitĂ© professionnelle. 

Une dĂ©cision qui semble amener Ă  une discussion en sĂ©ance plĂ©nière 

Bien que la décision de la CEDH contre la France marque une prise de conscience concernant la nécessité d’un cadre bien défini de l’infraction de viol conjugal à l’échelle européenne, certains députés de La France Insoumise ne comptent pas s’arrêter là. Le 7 mars dernier, à la veille de la Journée internationale des droits des femmes, ils ont déposé à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant à « mettre fin au devoir conjugal dans le droit français », rapporte Libération.

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